Depuis 2024, la durée maximale autorisée pour un bail de courte durée est strictement encadrée par la loi, sauf exception pour certains logements saisonniers ou conventions particulières. Dans quelques villes, des réglementations locales imposent des restrictions supplémentaires, parfois méconnues des propriétaires comme des locataires.
Certains contrats continuent pourtant d’être conclus en marge des règles, laissant place à des litiges fréquents lors du renouvellement ou de la reprise du logement. De nouvelles obligations administratives et fiscales s’imposent aussi depuis le début de l’année, modifiant l’équilibre entre flexibilité et sécurité pour chaque partie.
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Bail de courte durée : de quoi parle-t-on vraiment en 2025 ?
En 2025, le bail de courte durée occupe une place à part sur le marché immobilier : il offre une souplesse certaine, mais ne s’improvise pas. Sa définition recouvre plusieurs cadres : le bail dérogatoire destiné aux activités commerciales temporaires, la location saisonnière qui cible les séjours de passage, et le bail mobilité pensé pour répondre à la vie nomade. Derrière ces désignations, des réalités juridiques bien différentes, qu’il s’agisse d’un local commercial ou d’un logement meublé.
Prenons le bail dérogatoire : conçu pour les professionnels, il permet de tester une activité sans s’enfermer dans un bail commercial classique de neuf ans. Sa durée reste limitée à trois ans, sans renouvellement automatique. Du côté résidentiel, la location courte durée englobe le bail mobilité (pour étudiants, stagiaires, salariés en mission), la location saisonnière (pour une clientèle de passage) et le bail meublé classique (sur un an, ou neuf mois pour les étudiants).
Propriétaires et locataires naviguent entre opportunités et contraintes, dans un paysage législatif qui se durcit. Les villes comme Paris ou Lyon appliquent sans concession le plafond de 120 jours pour louer sa résidence principale en location saisonnière. Les amendes s’alourdissent année après année pour ceux qui franchissent la ligne.
Voici un aperçu des principaux baux de courte durée à connaître :
- Le bail mobilité répond aux besoins de ceux qui se déplacent pour la formation ou le travail, sur une période de 1 à 10 mois.
- La location saisonnière s’adresse à une clientèle éphémère ; elle impose une déclaration et le paiement de la taxe de séjour.
- Le bail dérogatoire offre la possibilité de s’installer temporairement dans un local commercial, sans engagement sur la durée longue d’un bail classique.
Face à cette diversité, la rédaction du contrat ne tolère aucune approximation. Les droits et devoirs des parties changent d’un régime à l’autre, tout comme les modalités de fixation du loyer ou la gestion du dépôt de garantie. La législation s’est durcie pour préserver l’équilibre du marché et prévenir les dérives.
Quels types de baux de courte durée existent et à qui s’adressent-ils ?
Le marché des baux courte durée s’est étoffé : chaque formule cible un profil bien précis, avec des règles qui diffèrent selon la nature du bien et l’usage envisagé. En 2025, cette pluralité répond à la diversité des besoins et à l’évolution des modes de vie.
Pour les locaux commerciaux, le bail dérogatoire (ou bail précaire) reste la solution privilégiée pour lancer une activité sans s’engager sur la durée. Sa limite de trois ans protège l’entrepreneur et évite le verrou du bail commercial longue durée. À côté, la convention d’occupation précaire s’adresse aux situations transitoires : occupation temporaire en attente d’un projet urbain ou d’une transformation du local.
Pour l’habitation, la gamme s’élargit. Le bail mobilité vise les étudiants, jeunes actifs ou salariés en mission temporaire. Avec sa durée comprise entre un et dix mois, il se distingue par sa souplesse et l’absence de dépôt de garantie. La location saisonnière (ou meublé de tourisme) séduit la clientèle de passage, que ce soit pour des vacances ou un besoin ponctuel, en résidence principale ou secondaire. Les règles et formalités varient selon la commune et la nature du logement.
Le bail professionnel s’adresse, lui, aux professions libérales, avec des conditions d’entrée et de sortie allégées par rapport au bail commercial. Ce panorama impose à chaque bailleur ou locataire de s’orienter vers le contrat adapté à sa situation, sous peine de voir le contrat remis en cause ou requalifié.
Avantages et inconvénients : ce qu’il faut peser avant de se lancer
Impossible d’ignorer l’attractivité du bail de courte durée : sa flexibilité reste un argument de poids. Pour le propriétaire, la durée s’ajuste en fonction des projets ou des aléas. Pour le locataire, c’est la solution idéale en cas de mobilité ou de transition. La rotation rapide des occupants offre la possibilité d’aligner le loyer sur le marché, surtout dans les zones où la demande explose.
Sur le plan financier, la location courte durée peut rapporter plus que la location classique. Les plateformes numériques boostent la visibilité ; la fiscalité reste favorable pour les meublés (micro-BIC, réel, statut LMNP…), à condition de respecter le cadre réglementaire. Lors des pics touristiques, les revenus s’envolent pour qui sait gérer le turn-over et l’entretien.
Mais la contrepartie existe. Le risque de vacance locative pèse lourd, surtout hors saison ou en dehors des centres urbains. La gestion quotidienne devient plus exigeante : états des lieux à répétition, rotation des locataires, entretien accéléré, disponibilité permanente. Dans de nombreuses villes, la réglementation impose des plafonds de nuitées (120 jours/an en résidence principale), des démarches auprès de la mairie, voire une autorisation de changement d’usage.
Pour le locataire, l’absence de dépôt de garantie sur un bail mobilité peut paraître séduisante, mais le revers se dessine vite : renouvellement incertain, nécessité d’anticiper la recherche d’un nouveau logement. À cela s’ajoutent la taxe de séjour, la fiscalité locale, les déclarations obligatoires. Le bail de courte durée promet des opportunités, mais il ne s’improvise pas : la réussite passe par une gestion active et une préparation minutieuse.
Conseils pratiques et points de vigilance pour rédiger un contrat solide
Pour sécuriser un contrat de bail de courte durée, chaque détail compte. L’imprécision est l’ennemie du bailleur comme du locataire : une clause vague peut entraîner de sérieux litiges. Il s’agit donc de tout consigner noir sur blanc : identité des parties, description complète du bien, modalités d’occupation, durée exacte, renouvellement éventuel.
Il faut aussi mentionner explicitement la nature du bail (bail mobilité, saisonnier, dérogatoire), l’usage autorisé, la destination des locaux. Le montant du loyer, la répartition des charges, les frais annexes doivent apparaître clairement. En location meublée, l’inventaire du mobilier et des équipements ne se néglige pas. L’état des lieux d’entrée et de sortie, les modalités de restitution du dépôt de garantie (même pour un bail mobilité), doivent être inscrits sans ambiguïté.
Points de contrôle incontournables
Voici les vérifications à ne pas négliger avant de finaliser un bail de courte durée :
- Respectez strictement le plafond de 120 jours pour louer une résidence principale en location saisonnière.
- Renseignez-vous sur l’obligation éventuelle d’une autorisation de changement d’usage en mairie, surtout dans les métropoles.
- Anticipez et formalisez les délais de préavis ainsi que les conditions de résiliation. Un préavis peu précis fragilise la position du bailleur.
- Choisissez avec soin votre régime fiscal : micro-BIC, réel, statut LMNP ou LMP, en tenant compte de vos recettes et de votre patrimoine.
- Déclarez la taxe de séjour quand elle s’applique, y compris via les plateformes de réservation.
La gestion locative exige anticipation et méthode : vérification régulière de l’état du bien, mise à jour des diagnostics techniques, archivage de tous les échanges avec le locataire. Un contrat bien ficelé protège les deux parties et limite les mauvaises surprises, qu’il s’agisse d’un contrôle fiscal ou d’un litige. S’engager sur un bail de courte durée, c’est accepter de jouer avec les règles du temps… mais avec prudence et rigueur.

